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Édition de la semaine · Semaine du 7 au 13 juin 2026

Édition publiée le

Le climat fait grimper le coût d'entretien du système énergétique existant, pendant que l'Europe hésite, que les ménages payent l'addition et que la transition avance en ordre dispersé.

International

Méthane : l'UE en passe d'assouplir ses règles au nom de la sécurité énergétique
Réglementation UE

Méthane : l'UE en passe d'assouplir ses règles au nom de la sécurité énergétique

Selon Le Monde, le règlement européen visant à lutter contre les émissions de méthane, puissant gaz à effet de serre et principal composant du gaz naturel, est vigoureusement contesté à la fois par les États-Unis et par l'industrie fossile. L'UE serait en passe d'en assouplir les exigences au nom de la « sécurité énergétique », un mot-clé qui revient avec insistance depuis l'épisode Ormuz. (Article complet sur abonnement.)

Source : Le Monde · Énergies

L'UE a augmenté de 4 % ses importations de GNL russe en mai
Géopolitique

L'UE a augmenté de 4 % ses importations de GNL russe en mai

Les exportations d'énergies fossiles ont rapporté 726 millions d'euros par jour à la Russie en mai 2026, en hausse de 2 % sur un mois (CREA). Le pétrole brut a tiré la dynamique (+8 % de volumes, +1 % de revenus à 362 M€/j), les produits pétroliers maritimes encore davantage (+10 %, à 186 M€/j). Côté gaz, les revenus reculent (-9 % pour le gaz par gazoduc, -6 % pour le GNL). La Chine et l'Inde restent les principaux acheteurs (7 et 5,8 milliards d'euros sur mai), devant la Turquie (2,8) et l'UE (2,3). Mais surprise : malgré l'interdiction européenne des achats de GNL russe en contrats spot, entrée en vigueur le 25 avril, les importations de GNL russe par l'UE ont augmenté de 4 % en mai, principalement à cause d'un doublement des achats espagnols. Le CREA souligne « l'importance d'une application stricte et d'une transparence totale » des contrats existants. Le GNL représente désormais 42 % des importations européennes de fossiles russes.

Source : Connaissance des Énergies

Japon : 14 nouveaux réacteurs visés d'ici 2050, quinze ans après Fukushima
Nucléaire

Japon : 14 nouveaux réacteurs visés d'ici 2050, quinze ans après Fukushima

Le ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie a proposé la construction de 2 à 5 réacteurs d'ici 2040, puis jusqu'à 14 nouveaux réacteurs d'ici 2050, pour environ 16 GW de capacité cumulée. Objectif : faire passer la part du nucléaire dans le mix électrique de 8,5 % à 20 % dès 2040, conformément au 7ᵉ plan énergétique publié en février 2025. La hausse intègre l'électrification accélérée et la multiplication des centres de données. En 2011, le Japon comptait 54 réacteurs (30 % du mix) ; quatorze mois après Fukushima, plus aucun ne tournait. Le pays redémarre depuis au compte-gouttes : 33 réacteurs opérationnels en théorie, dont 15 remis en service. La centrale de Kashiwazaki-Kariwa, la plus grande au monde, a relancé son réacteur n°6 en janvier 2026. Le Japon est aujourd'hui le 5ᵉ émetteur mondial de CO₂, et présente ce virage comme un levier de décarbonation.

Source : Révolution Énergétique

Éolien offshore : la Chine pèse encore 71 % des nouvelles installations mondiales
Renouvelables

Éolien offshore : la Chine pèse encore 71 % des nouvelles installations mondiales

Plus de 9,2 GW d'éolien offshore ont été raccordés dans le monde en 2025, en hausse de 16 % sur un an, la « troisième meilleure année » historique selon le GWEC. La Chine a mis en service à elle seule 6,6 GW (71 % du marché mondial), conservant sa place de leader pour la huitième année consécutive ; suivent le Royaume-Uni, Taïwan, la France, l'Allemagne et la Corée du Sud. Le parc cumulé mondial atteint 92,5 GW à fin 2025, dont 52,3 % en Chine, pour une production équivalente à la consommation de 102 millions de foyers. Fait notable : la puissance unitaire moyenne des turbines installées a dépassé 10 MW pour la première fois (10,3 MW). Le GWEC observe en revanche que « l'éolien offshore n'a aucun avenir sous l'administration actuelle » Trump aux États-Unis. Au total, 19 marchés disposaient d'un parc offshore fin 2025.

Source : Connaissance des Énergies

France

EDF va dépenser 8,7 milliards d'euros pour adapter son parc au réchauffement
Adaptation

EDF va dépenser 8,7 milliards d'euros pour adapter son parc au réchauffement

EDF a présenté début juin un plan d'adaptation de 8,7 milliards d'euros sur quinze ans, soit 600 millions par an, quatre fois plus que les 150 millions actuellement dépensés. L'objectif : adapter les centrales nucléaires et le reste de l'outil de production aux vagues de chaleur, aux faibles débits des cours d'eau et aux normes de rejets thermiques. Aujourd'hui déjà, la production est limitée certains étés à cause des hautes températures. EDF étudie la généralisation des dispositifs de refroidissement de l'eau rejetée, déjà testés à Civaux. Selon la Cour des comptes, les pertes pour causes environnementales ont coûté 890 millions d'euros entre 2001 et 2023 (0,3 % de la production annuelle), un chiffre qui pourrait être multiplié par trois ou quatre d'ici 2050. RTE prévoit, en parallèle, 20 milliards d'euros pour rendre 80 % de son réseau résilient aux fortes chaleurs, inondations et submersions à horizon 2040. La Direction générale des entreprises chiffre l'impact macro à -11 points de PIB en 2050 sans politiques climatiques renforcées.

Source : Révolution Énergétique

TURPE : +3 % au 1ᵉʳ août pour financer un réseau électrique sous tension
Réseau

TURPE : +3 % au 1ᵉʳ août pour financer un réseau électrique sous tension

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) propose, dans une délibération du 8 juin, une hausse de 3,04 % du TURPE haute/basse tension (Enedis) et de 3,34 % du TURPE haute tension B (RTE) à compter du 1ᵉʳ août. À facture identique, cela se traduirait par environ +1 % TTC sur les tarifs réglementés de vente d'électricité. Paradoxalement, c'est la chaleur de 2025 qui pèse : moins de chauffage électrique, moins de volume acheminé, donc moins de TURPE collecté que prévu, un manque à gagner que la CRE rattrape dans la trajectoire. À cela s'ajoutent des congestions plus fréquentes que prévu sur le réseau, dues aux écarts de prix avec les voisins européens, à des flux transfrontaliers importants et aux tensions hautes liées aux renouvelables. Au-delà de l'arithmétique, l'épisode rappelle que la facture électrique n'est plus seulement un signal de marché : c'est, à parts presque égales, un tiers de fourniture, un tiers de taxes et un tiers de réseau, dont les coûts cachés deviennent visibles.

Source : Révolution Énergétique

Le prix de référence du gaz augmente de 7,4 % au 1ᵉʳ juillet
Facture

Le prix de référence du gaz augmente de 7,4 % au 1ᵉʳ juillet

Le prix de référence du gaz, indexé sur un prix moyen mensuel, va bondir de 7,4 % au 1ᵉʳ juillet. La hausse concerne environ 6 millions de ménages français abonnés à une offre indexée sur ce repère, soit environ 60 % des abonnés résidentiels au gaz. C'est un deuxième signal hebdomadaire de tension sur la facture énergétique des ménages, après l'annonce d'une hausse du TURPE côté électricité. (Article complet sur abonnement.)

Source : Le Monde · Énergies

La filière solaire française tire la « sonnette d'alarme »
Solaire

La filière solaire française tire la « sonnette d'alarme »

Au colloque du SER cette semaine, les acteurs du solaire ont alerté sur la trajectoire française : « l'heure est grave », a résumé Jules Nyssen, président du SER. Pendant que les pouvoirs publics appellent à une électrification accélérée (data centers compris), la filière n'a « pas de visibilité » au-delà de l'été 2026 : raréfaction des appels d'offres grande puissance (3 lancés depuis la PPE3, plus rien à l'horizon), fermeture du guichet 100-500 kW en septembre 2025, érosion des obligations de solarisation prévues par la loi APER. Le « petit » solaire jusqu'à 100 kWc est quasi désincité par la réforme du cadre tarifaire S21, avec un tarif de rachat tombant à 11 €/MWh. Daniel Bour (Enerplan) évoque des plans sociaux en cours, jusqu'à un tiers des emplois de la filière menacés, et un « mur » qui s'avance dès juillet 2026 alors que 2027 sera déjà une année électorale. La France a pourtant atteint près de 32 GW raccordés, le solaire étant en 2025 la deuxième source de croissance de production électrique après le nucléaire.

Source : Connaissance des Énergies

Les banques françaises réduisent leur soutien aux énergies fossiles
Finance climat

Les banques françaises réduisent leur soutien aux énergies fossiles

Selon Le Monde, BNP Paribas et Crédit agricole figurent parmi les établissements les plus vertueux dans la réduction du financement des énergies fossiles. Mais leurs parts de marché sont récupérées par des banques américaines, japonaises et chinoises, un déplacement géographique du soutien plutôt qu'un retrait global. La nouvelle prolonge un fil systémique : la finance européenne se désengage, mais la demande de capital fossile, elle, ne disparaît pas. (Article complet sur abonnement.)

Source : Le Monde · Énergies

Transition & innovation

Géothermie : Parly 2 va chauffer 10 000 habitants et réduire de 70 % sa consommation de gaz
Géothermie

Géothermie : Parly 2 va chauffer 10 000 habitants et réduire de 70 % sa consommation de gaz

La copropriété Parly 2, à Chesnay-Rocquencourt (Yvelines), met en service une centrale géothermique qui couvrira 70 % des besoins en chauffage et eau chaude de ses 7 500 appartements. La chaleur alimentera aussi des bâtiments municipaux : hôtel de ville, piscine, hôpital Mignot. Le complément (30 %) reste assuré par une chaufferie à gaz fossile. L'installation repose sur deux puits de 1 500 mètres atteignant la nappe du Dogger (1 500 à 2 000 m de profondeur) : un puits de production, un de réinjection. L'ensemble doit produire environ 71 GWh de chaleur, distribués par 20 km de réseau privé, l'équivalent de la consommation d'une ville de 10 000 habitants. Le projet, dix ans de gestation et 35 millions d'euros d'investissement, devrait éviter 18 500 tonnes de CO₂ par an et contribuer, selon le syndicat, à la stabilisation des charges et à la valorisation du patrimoine via le DPE.

Source : Révolution Énergétique

En perspective Une semaine qui éclaire un nœud central : ce qu'on appelle « transition » n'est pas une route plane, c'est un investissement qui s'ajoute à un système thermo-industriel déjà sous tension climatique. EDF doit dépenser 8,7 milliards d'euros, rien que pour maintenir son outil de production face aux canicules ; RTE 20 milliards de plus pour son réseau ; la facture remonte côté ménages (gaz +7,4 % au 1ᵉʳ juillet, taxe TURPE +3 % au 1ᵉʳ août). Et dans ce creux énergétique, les arbitrages politiques révèlent une tentation de recul : Bruxelles s'apprête à assouplir ses règles sur le méthane au nom de la « sécurité énergétique », l'UE a même réaugmenté ses achats de GNL russe en mai, et la filière solaire française décrit un « mur » dès juillet. À contre-courant, le Japon relance le nucléaire, la Chine consolide 71 % de l'éolien offshore mondial, les banques françaises réduisent leurs financements fossiles, et la copropriété Parly 2 met en service une géothermie qui chauffera 10 000 personnes. La transition n'est pas un slogan : c'est une compétition entre la vitesse à laquelle on adapte l'existant et la vitesse à laquelle on construit la suite.