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Édition de la semaine · Semaine du 12 au 18 juillet 2026

Édition publiée le

Le bilan humain de la chaleur se chiffre enfin, pendant que les machines qui produisent notre énergie demandent, elles aussi, à être ménagées.

Énergie & ressources

International

En juin, le solaire a fourni un quart de l'électricité européenne
Solaire

En juin, le solaire a fourni un quart de l'électricité européenne

Selon un rapport du centre de réflexion Ember publié le 14 juillet, le photovoltaïque a produit 52 TWh dans l'Union européenne sur le seul mois de juin, soit un quart de la production électrique du continent. Mai constituait déjà un record avec 47 TWh, 23 % du mix. La progression est rapide : en juin 2022, le solaire ne fournissait encore que 26 TWh, 13 % du mix. Avec ses 25 %, il devance désormais le nucléaire (21 %), le gaz (15 %), l'éolien (14 %), l'hydroélectricité (12 %) et le charbon (8 %). Au total, les renouvelables ont couvert 55 % de l'électricité consommée dans l'Union ce mois-là. Les marchés les plus avancés sont l'Allemagne, où le solaire a produit 36 % de l'électricité en juin, et l'Espagne (34 %) ; la Belgique, les Pays-Bas et le Portugal dépassent également le tiers du mix. Cette production est arrivée au moment où la vague de chaleur faisait grimper la demande de climatisation. La France reste en retrait, avec environ 4,4 TWh solaires en juin selon RTE, soit 11 % de son mix, ce qui la place tout de même en deuxième position derrière son hydroélectricité, à 4,2 TWh.

Analyse systémique Un flux d'énergie qui ne puise dans aucun stock épuisable prend une place croissante, et c'est bien la seule façon de desserrer durablement la contrainte des ressources non renouvelables. La question ouverte reste celle des matières et du capital qu'il faut immobiliser pour installer, puis renouveler, ces équipements. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Révolution Énergétique

Détroit d'Ormuz fermé : le pétrole bondit, l'Europe compte sa facture
Pétrole

Détroit d'Ormuz fermé : le pétrole bondit, l'Europe compte sa facture

La fermeture du détroit d'Ormuz a ravivé la tension sur les marchés du pétrole et du gaz. Le brut a bondi de 15 % en deux jours pour atteindre 86 dollars le baril, un niveau que Le Monde qualifie d'historiquement modéré ; la tension est en revanche plus forte sur le gaz (article complet sur abonnement). Le coût pour l'Europe est déjà considérable : selon Révolution Énergétique, les importations européennes de gaz et de pétrole ont coûté 50 milliards d'euros de plus que d'habitude depuis la fin du mois de février. C'est dans ce contexte que la Commission européenne a préparé un plan d'électrification des usages, dont la publication était attendue le 17 juillet, destiné à orienter l'économie vers l'électricité au détriment du pétrole et du gaz. Parmi les mesures envisagées figurent une obligation d'installer des pompes à chaleur dans les bâtiments publics et une baisse de TVA sur les batteries domestiques, les voitures électriques et les pompes à chaleur, puis des appels d'offres pour financer des projets industriels de chaleur décarbonée.

Analyse systémique C'est la question des ressources non renouvelables dans sa version la plus brutale : le stock n'est pas épuisé, mais l'accès à ce stock passe par quelques points de passage que la géopolitique peut refermer. Chaque fermeture transfère de la richesse vers l'extraction et l'approvisionnement, au détriment de tout le reste. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Le Monde (article complet sur abonnement)

New York gèle pour un an la construction des plus gros centres de données
Numérique

New York gèle pour un an la construction des plus gros centres de données

La gouverneure de l'État de New York, Kathy Hochul, a prononcé par décret un moratoire d'un an sur la construction de tout nouveau centre de données de plus de 50 mégawatts, alors que la taille moyenne de ces installations, en croissance constante, atteint 40 mégawatts. Ces hangars, qui peuvent s'étendre sur 93 000 m², stockent des données dont le volume a été multiplié par dix en dix ans, et l'ouverture au grand public des outils d'intelligence artificielle générative a précipité une course à la construction, toujours plus vorace en terres, en eau et en électricité. Le pays qui en abrite le plus grand nombre au monde voit la contestation s'organiser : des projets de loi instaurant des moratoires d'un à trois ans ont été introduits dans au moins treize États, aussi bien démocrates (Virginie, Pennsylvanie) que républicains de longue date (Caroline du Sud, Géorgie). En Caroline du Sud, le texte à l'étude prévoit d'interdire toute autorisation locale tant que le Parlement de l'État n'a pas adopté un cadre de contrôle. Dans l'Ohio, une pétition visant une interdiction par amendement constitutionnel n'a réuni que 70 000 des 413 000 signatures nécessaires en 2026 et sera représentée en 2027. Amsterdam avait déjà suspendu tout nouveau centre jusqu'en 2030.

Analyse systémique Une décision politique n'entre pas dans les équations, mais celle-ci freine explicitement une demande d'électricité, d'eau et de terres qui croissait sans limite assignée. C'est un cas rare où le signal de rareté est entendu avant que la contrainte physique ne s'impose d'elle-même. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Reporterre

France

Pour tenir le réseau, Bugey obtient le droit de réchauffer davantage le Rhône
Nucléaire

Pour tenir le réseau, Bugey obtient le droit de réchauffer davantage le Rhône

Sous l'effet de l'épisode caniculaire, EDF a dû réduire la puissance de son parc nucléaire de près de 9 GW, soit 14 % du total. À la centrale du Bugey, l'exploitant a obtenu de dépasser les seuils réglementaires de rejets d'eau chaude dans le Rhône : la température de l'eau restituée, normalement plafonnée à 26 °C entre juin et septembre, peut être relevée d'un degré, avec une dérogation valable jusqu'au 20 juillet inclus. Sans cet aménagement, EDF aurait dû abaisser la production des réacteurs 3, 4 et 5, voire les arrêter, alors que RTE juge leur fonctionnement nécessaire à la sécurité du réseau. Les quatre réacteurs opérationnels du site, mis en service à la fin des années 1970, affichent chacun une puissance nette proche de 900 MWe ; à pleine puissance ils prélèvent 90 m³/s et en restituent 89, soit près de 45 % du débit du fleuve. Des dérogations comparables avaient déjà été accordées en 2003, 2006 et 2022. EDF prévoit d'investir 8,7 milliards d'euros sur quinze ans pour adapter son parc au réchauffement. La semaine a par ailleurs vu l'arrêt fortuit de l'EPR de Flamanville, jeudi 16 juillet, après des mesures anormales sur deux des quatre motopompes du circuit primaire, pour une dizaine de jours selon Reporterre.

Analyse systémique Le capital énergétique installé était dimensionné pour un climat qui n'existe plus, et la pollution accumulée vient désormais rogner sa capacité utile. Maintenir la même production suppose d'y consacrer davantage d'investissement, ces 8,7 milliards annoncés, sans produire un kilowattheure de plus. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Révolution Énergétique

Environnement

International

Près de 900 feux au Canada, la fumée jusqu'aux villes américaines
Incendies

Près de 900 feux au Canada, la fumée jusqu'aux villes américaines

Plus de 890 feux de forêt étaient en cours au Canada vendredi 17 juillet, dont plus de cent hors de tout contrôle, selon Ressources naturelles Canada. Le dernier décompte fait état de plus de 2,7 millions d'hectares brûlés, une superficie qui approche celle de la Bretagne. En Ontario, les fumées portées par le vent ont atteint Toronto, devenue la cinquième métropole la plus polluée au monde selon l'entreprise suisse IQAir après avoir occupé la première place mercredi soir ; les habitants ont été appelés à rester chez eux et plusieurs localités menacées, dont des communautés des Premières Nations, ont dû être évacuées. La dégradation de la qualité de l'air a gagné l'est des États-Unis, jugée dangereuse à Chicago et Détroit, malsaine à Washington et New York. En Europe, un incendie déclaré le 15 juillet en Aragon a ravagé plus de 12 000 hectares près de Saragosse en moins de trois jours, soit un tiers de la surface brûlée en France depuis le début de l'année selon Le Monde. Carbon Brief relève que le Royaume-Uni a connu 25 jours non consécutifs à 30 °C ou plus, dont neuf au-dessus de 34 °C.

Analyse systémique Les forêts qui brûlent relâchent d'un coup un carbone qu'elles avaient mis des décennies à capter, et la fumée devient à son tour une pollution qui pèse sur la santé à des milliers de kilomètres. C'est une boucle qui s'auto-entretient : le réchauffement assèche, l'assèchement nourrit le feu, le feu réchauffe. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Reporterre

Alimentation & terres

International

La sécurité alimentaire des petites îles cède sous la chaleur
Îles

La sécurité alimentaire des petites îles cède sous la chaleur

Le rapport 2025 du Lancet Countdown sur la santé et le changement climatique, publié le 16 juillet, s'intéresse aux 58 territoires désignés par les Nations unies comme petits États insulaires en développement, parmi lesquels des territoires ultramarins français comme la Guadeloupe, La Réunion et la Polynésie française, mais aussi Cuba, les Bahamas, le Cap-Vert, les Fidji, Nauru ou Trinité-et-Tobago. Côté terre, une sécheresse prolongée a plongé depuis 2020 2,7 millions de personnes supplémentaires dans une situation d'insécurité alimentaire modérée à grave. Côté mer, le réchauffement des océans continue de menacer la pêche : la température de surface a augmenté de 0,61 °C en moyenne sur 2022-2024 par rapport à la période de référence 1981-2010 dans les régions côtières de ces territoires. Leurs habitants sont désormais exposés à cinq fois plus de journées de canicule qu'au début des années 2000. Le rapport note tout de même une amélioration des systèmes d'alerte précoce et une baisse du nombre de décès liés aux phénomènes météorologiques extrêmes, signe d'une meilleure préparation. Seuls 10 de ces 58 territoires disposent cependant d'un plan national de santé et d'adaptation au changement climatique.

Analyse systémique Deux sources d'alimentation reculent en même temps, les cultures d'un côté, les prises de pêche de l'autre, sur des territoires qui ne peuvent compenser ni par la surface ni par les échanges. La production alimentaire par habitant est l'une des variables les plus sensibles de la trajectoire d'ensemble. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Reporterre

Population & santé

International

Plus de 12 000 décès en excès pendant la canicule de juin en Europe
Mortalité

Plus de 12 000 décès en excès pendant la canicule de juin en Europe

Une compilation des données nationales réalisée par l'AFP recense plus de 12 000 décès en excès en Europe pendant le pic de la vague de chaleur de juin. Entre le 22 et le 28 juin, près de 10 000 morts en excès ont été enregistrés en France, en Allemagne, en Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas, en Suisse et au Luxembourg. Le Met Office britannique recense de son côté plus de 2 200 décès liés à la chaleur en Angleterre et au Pays de Galles entre le 18 et le 28 juin. Carbon Brief, qui a comparé les méthodes de comptage, rappelle que Santé publique France a rapporté 2 025 décès excédentaires sur la semaine du pic, l'Allemagne 5 753 et les Pays-Bas 533 sur ces mêmes sept jours ; une analyse de climatologues aboutit à plus de 2 700 morts liées à la chaleur en France sur dix-sept jours de juin. Au Royaume-Uni, une étude estime à 2 700 les décès des vagues de chaleur de mai et juin, dont 42 % attribuables au changement climatique d'origine humaine. Pour la seule Île-de-France, Santé publique France a depuis relevé son estimation à près de 3 000 morts en juin, soit le double de la normale, dont 82,4 % chez les plus de 65 ans. Ces bilans restent partiels et devraient s'alourdir au fil des remontées statistiques.

Analyse systémique La chaleur agit ici directement sur le flux de mortalité, l'une des variables qui commandent la trajectoire démographique. Elle frappe d'abord les personnes âgées, c'est-à-dire la part de la population que des décennies de progrès sanitaires avaient précisément permis de maintenir en vie. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Reporterre

Économie & industrie

France

Près du Havre, une raffinerie brûle sa production après une coupure de courant
Raffinage

Près du Havre, une raffinerie brûle sa production après une coupure de courant

Le 26 juin, alors que la France traversait la plus chaude canicule de son histoire, la raffinerie TotalEnergies de Gonfreville-l'Orcher, la plus grande du pays, a perdu à 14 h 21 toute alimentation électrique à la suite d'un problème sur un transformateur. Une vingtaine de minutes plus tard, ses trois torchères se sont mises à rugir pendant environ une heure, crachant des flammes et un panache noir : les salariés ont dû brûler la totalité de la production pour éviter une montée en pression susceptible de provoquer des incendies, tous les autres systèmes de sécurité prévus ayant échoué. Selon Enedis, cité par Le Courrier cauchois, la coupure serait due à une panne souterraine, certainement liée à la canicule, l'alimentation ayant été rétablie par une ligne de secours. Les installations se dressent à 500 mètres à peine des maisons de l'ancienne cité ouvrière des Côtes-Blanches. Les riverains connaissent ces torchages, qui surviennent une à deux fois par an lors d'incidents ou de redémarrages, mais un déclenchement provoqué par une perte totale d'électricité reste rare : un retraité de la pétrochimie, entré à l'usine à 14 ans, dit n'en avoir vu que deux ou trois en toute une carrière. D'autres coupures liées à la chaleur ont touché les Yvelines et la Bretagne.

Analyse systémique Le capital industriel dépend d'un réseau électrique qui dépend lui-même du climat : quand le premier maillon lâche, l'usine ne ralentit pas, elle détruit sa propre production pour rester sûre. Ce sont des pertes invisibles dans les comptes, qui grignotent le rendement réel de l'appareil productif. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Reporterre

Régulation & société

International

Bruxelles propose d'assouplir la tarification du carbone jusqu'en 2038
Marché carbone

Bruxelles propose d'assouplir la tarification du carbone jusqu'en 2038

La Commission européenne a présenté vendredi sa proposition de réforme du marché du carbone. Le texte permettrait aux industriels de bénéficier plus longtemps de quotas carbone gratuits, jusqu'en 2038, assouplissant ainsi le cadre existant pour donner davantage de temps à l'industrie européenne. En contrepartie, la Commission exige un effort accru d'investissement dans le verdissement des usines. Pour montrer que ses ambitions climatiques demeurent, l'exécutif européen a présenté en parallèle un objectif d'électrification portant à 46 % la part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie de l'Union en 2040 (article complet sur abonnement).

Analyse systémique Reporter le signal-prix revient à desserrer le seul mécanisme qui reliait directement la pollution émise au coût de production. La boucle de rétroaction existe toujours, mais on en allonge le délai, et ce sont précisément les délais qui font qu'un système dépasse ses limites avant de réagir. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Le Monde (article complet sur abonnement)

France

La loi d'urgence agricole rouvre la porte à deux pesticides interdits
Pesticides

La loi d'urgence agricole rouvre la porte à deux pesticides interdits

Après six heures de discussions à huis clos au Sénat, jeudi 16 juillet, la commission mixte paritaire a approuvé une version de la loi d'urgence agricole reprenant la plupart des articles introduits par la droite sénatoriale. Le texte, préparé en amont par les rapporteurs parmi lesquels le sénateur Laurent Duplomb, a recueilli 8 voix pour, 4 contre et 2 abstentions sur les quatorze parlementaires de la commission. La majorité a voté le retour, par dérogation, de l'acétamipride et du flupyradifurone. L'usage de l'acétamipride, un néonicotinoïde, est réservé aux cultures de noisettes ; le flupyradifurone, lui aussi dangereux pour les abeilles, pourra être utilisé en enrobage de semences pour les betteraves et en pulvérisation pour les pommes et les cerises. Chaque production disposera de sa dérogation pendant trois ans. Les élus ont également acté qu'en cas de retrait d'une autorisation de mise sur le marché, le délai de grâce soit systématiquement fixé à sa durée maximale, permettant de vendre pendant six mois des produits interdits. Le texte soutient par ailleurs les mégabassines et les élevages industriels, malgré les réticences de la ministre de la Transition écologique et une tribune signée par cinq anciens ministres de l'Agriculture de différents bords sur le partage de l'eau.

Analyse systémique Cette décision lève une contrainte sur les intrants pour soutenir le rendement à court terme, au prix d'une pollution qui séjourne longtemps dans les sols et dans l'eau. C'est le compromis classique de l'agriculture intensive : gagner du rendement aujourd'hui en prélevant sur la fertilité de demain. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Reporterre

La stratégie bas carbone française publiée, loin du rythme constaté
Climat

La stratégie bas carbone française publiée, loin du rythme constaté

Quelques mois après la Programmation pluriannuelle de l'énergie, la troisième Stratégie nationale bas carbone a été dévoilée dans sa version définitive. Le document, de plus de 700 pages, fixe les objectifs de la France à court, moyen et long terme pour atteindre la neutralité carbone en 2050, avec une feuille de route par secteur : énergie, transport, bâtiment, industrie. Pour la production et la transformation d'énergie, qui a émis 31 Mt de CO2 équivalent en 2024, soit 8 % des émissions brutes du pays, les émissions devront reculer de 69 % d'ici 2030 par rapport à 1990, puis de 96 % d'ici 2050. L'écart avec le rythme réel est important : en 2025, la France n'a réduit ses émissions que de 1,4 %. Révolution Énergétique souligne que rien ne garantit la réussite de cette stratégie et qu'il faudrait accélérer nettement, notamment sur l'électrification des usages, pour espérer tenir la trajectoire.

Analyse systémique Un objectif n'est pas une trajectoire : entre les deux se glisse le délai, celui des investissements, des équipements et des habitudes qu'il faut renouveler. Quand le rythme constaté vaut le cinquième du rythme requis, l'écart ne se rattrape pas plus tard, il se paie par un effort plus brutal. Découvrir la modélisation World3 →

Source : Révolution Énergétique

En perspective Cette semaine, deux comptages arrivent en même temps et se répondent. D'un côté, les agences sanitaires publient les morts de la canicule de juin, plus de douze mille décès en excès à l'échelle européenne. De l'autre, les exploitants publient les mégawatts perdus : quatorze pour cent du parc nucléaire français abaissé, une dérogation accordée pour réchauffer un peu plus le Rhône, une raffinerie contrainte de tout brûler dans ses torchères après une coupure de courant. Ce sont les deux visages d'un même phénomène : une pollution accumulée sur des décennies revient frapper à la fois la population et le capital installé, et il faut désormais dépenser pour tenir ce qui, hier, tenait tout seul. Le reste de la semaine dit ce que devient cette dépense. L'Europe assouplit son marché du carbone jusqu'en 2038 et se donne du temps, la France publie une stratégie très ambitieuse alors que ses émissions n'ont reculé que de 1,4 % l'an dernier, et un État américain gèle pour un an la construction des plus gros centres de données. Meadows le formulait ainsi : rien n'oblige à heurter une limite, mais plus on tarde à ralentir, plus la marge de manœuvre se paie cher. Un seul chiffre échappe à cette logique et mérite d'être retenu : en juin, un quart de l'électricité européenne est venue du soleil.